Industrie agroalimentaire : comment la formation et l’accompagnement facilitent l’intégration professionnelle des étrangers

Publié le 09/06/2026

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Employée  Altho Brest qui décharge des pommes de terre d'un camion

À l’occasion de l’événement « Les entreprises s’engagent » organisé par la CCI de l’Ardèche le 28 avril à Privas (Ardèche), l’entreprise Altho Brets, spécialisée dans la fabrication et la commercialisation de chips de pomme de terre, a partagé une démarche concrète pour élargir ses recrutements et sécuriser l’intégration de personnes étrangères en situation régulière. Une expérience qui montre qu’avec une préparation adaptée — notamment sur la langue et les règles d’hygiène et de sécurité — le pari est gagnant, pour l’entreprise comme pour les salariés.

Le témoignage de M. Jacob, responsable des Ressources Humaines sur le site du Pouzin.

Photo de Romain JACOB, responsable RH chez Altho Brets

Depuis l’ouverture de son site de Pouzin en 2014, Altho Brets a connu une forte croissance, passant de 45 à 200 salariés. « Nous avions donc un enjeu de recrutement important », résume M. Jacob. Pour répondre à ce besoin, l’entreprise a pu s’appuyer sur un partenariat déjà éprouvé avec l’organisme de formation Afpa, également partenaire de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii). 

C’est dans ce cadre que l’Afpa a proposé à l’entreprise d’intégrer le parcours « pacte Région » incluant une formation en français langue étrangère (Fle). Objectif : préparer en amont l’arrivée en poste. « L’idée était de recruter une personne à la suite d’une formation Fle de plusieurs mois », explique le responsable des Ressources Humaines.

Dans l’agroalimentaire, la compréhension des consignes est primordiale : c’est une condition de sécurité, de qualité et de conformité. « La problématique, c’est bien la maîtrise du français pour les règles de sécurité, mais aussi et surtout pour les règles d’hygiène », souligne M. Jacob. Le parcours Fle a donc été pensé comme un levier d’intégration, au même titre que la formation technique.

En parallèle, l’entreprise s’est engagée à proposer un cadre d’emploi stabilisant : « notre engagement était de proposer 6 mois de contrat minimum, voire plus, dans l’idée de proposer des CDI ». Une manière de donner de la visibilité aux salariés recrutés et de sécuriser l’investissement réalisé en formation.

Pour faciliter l’intégration, l’Afpa a assuré un accompagnement global : appui au logement, suivi du recrutement avec une assistante sociale, et mise en place d’une période de stage de deux semaines avant l’embauche. Cette étape permettait à la fois de favoriser une prise de poste progressive et d’identifier d’éventuelles difficultés en amont. L’entreprise a également privilégié un apprentissage « au plus près du terrain », avec un accompagnement sur poste directement sur le métier. Enfin, deux formateurs de l’Afpa se sont déplacés dans l’usine pour vérifier la bonne compréhension des règles, en particulier celles liées à l’hygiène et à la sécurité.

Résultat : une première personne a intégré l’entreprise le 1er avril, « avec qui cela fonctionne bien », et deux autres sont arrivées début mai. Pour Altho Brets, cette démarche illustre qu’un recrutement peut être sécurisé lorsqu’il est construit avec des partenaires et que l’intégration est pensée dès l’amont — langue, immersion en entreprise et accompagnement social compris. Mr JACOB ajoute que les partenariats publics ont contribué à la réussite de cette démarche, notamment avec l’implication de France Travail ainsi que de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, qui ont participé à la mise en œuvre et au financement du parcours de formation avec le Pacte Région.