Recruter un salarié étranger : un pari gagnant pour votre entreprise
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Deux regards croisés pour comprendre les clés d’une intégration réussie : celui de Molly Pomares, consultante RH, et de Julio Matanda, réfugié congolais récemment recruté dans le secteur de l’énergie.
Recruter un salarié étranger peut encore susciter des interrogations chez certains employeurs. Pourtant, de nombreuses expériences démontrent qu’il s’agit d’une véritable opportunité, à la fois humaine et professionnelle.
L’entreprise SIRAC, spécialisée dans la mise à disposition de personnel et l’accompagnement des publics primo-arrivants vers l’emploi durable, en est un exemple concret. Partenaire de la direction territoriale de l’Ofii à Lyon et engagée dans le programme Agir, elle s’inscrit dans un écosystème plus large d’acteurs mobilisés pour faciliter le recrutement. À travers son action, parmi de nombreuses autres solutions existantes, elle contribue à sécuriser les parcours et à créer des collaborations durables entre entreprises et talents venus d’ailleurs.
Pour en savoir plus sur les autres acteurs susceptibles de vous accompagner, rendez-vous sur la page Embaucher une personne étrangère en situation régulière.
Résultat : la majorité des salariés accompagnés sont embauchés durablement par l’entreprise partenaire après seulement six mois.
Des facteurs clés pour réussir son recrutement
L’expérience de SIRAC met en lumière plusieurs conditions essentielles pour garantir le succès d’un recrutement et d’une intégration :
Une volonté d’engagement de l’entreprise
Le premier levier est l’ouverture. L’entreprise doit être prête à s’engager pleinement, non seulement dans le recrutement, mais aussi dans l’accompagnement du salarié sur la durée. Cette implication est déterminante pour créer un environnement de travail inclusif et serein.
Favoriser la rencontre et la projection
Organiser une visite des locaux en amont permet de sécuriser le processus. Le candidat découvre concrètement son futur environnement de travail, tandis que l’employeur peut évaluer ses compétences et sa motivation lors d’un échange direct avec son futur responsable.
Cette étape est souvent décisive et rassurante pour les deux parties.
- Valoriser les qualités humaines des candidats
Au-delà des compétences techniques, les candidats accompagnés se distinguent par :
- leur savoir-être,
- leur engagement,
- leur capacité d’adaptation,
- et souvent, des qualifications déjà acquises.
Ces qualités sont des atouts précieux pour les entreprises, notamment dans des secteurs en tension.
Portrait : Molly Pomares, consultante RH
À travers son témoignage, Molly partage son expérience de terrain et explique comment lever les freins au recrutement, tout en sécurisant les parcours des candidats comme des employeurs.
SIRAC existe depuis 20 ans et est basée à Villeurbanne, près de Lyon.
Notre cœur de métier, c'est la mise à disposition de personnel dans le domaine médico-social, comptable, dans l'industrie. Et la particularité du dispositif que l’on porte en Saône-et-Loire, c'est celui d'accompagner le public primo-arrivants réfugiés vers l'emploi durable sur le bassin de Saône-et-Loire.
L'objectif de Sirac c’est l'emploi durable. On va embaucher la personne en C.D.I directement chez Sirac, on va le mettre à disposition d'une entreprise pendant un minima de six mois. Au bout de six mois, l'objectif étant que l'entreprise utilisatrice puisse embaucher la personne directement en C.D.I et donc qu'il y ait une continuité du C.D.I pour la personne et du coup une embauche par l'entreprise prestataire.
Les étapes de l'accompagnement c'est d'abord de rencontrer l'entreprise partenaire, ou future partenaire, de présenter un petit peu le projet SIRAC qui est le dispositif d'emploi durable du public primo-arrivants et réfugiés, de faire adhérer l'entreprise à ce projet, donc de s'engager avec nous en se disant OK, on ouvre des portes à ce type de public et de qualifier avec l'entreprise quels seront leurs prérequis sur les postes de travail qui vont avoir d'ouverts pour qu’on puisse nous aussi qualifier les candidats qu'on va leur présenter.
La deuxième grande étape, c'est effectivement que nous, on pré-qualifie des personnes dans le vivier de candidats qu'on peut avoir par rapport aux prérequis de l'entreprise. On va vraiment essayer de tout pré-qualifier avec les candidats pour que déjà eux puissent donner leur avis en fin d'information collective. Ok, pour moi ça me paraît atteignable. Je suis capable, je pense que j'ai les capacités et ça me plait avant même une visite et on pré-qualifie quatre ou cinq candidats selon les besoins de l'entreprise.
Ensuite, on présente à l'entreprise le CV de la personne. C'est plutôt le savoir-être qui va aussi prendre le dessus plutôt que les compétences.
On va en visite en entreprise où on accompagne les personnes à ce moment-là avec le chef de production et éventuellement le responsable ressources humaines et on visite le site, ce qui permet de donner un premier avis pour chacun.
C'est-à-dire que la personne puisse vraiment visualiser quel va être son poste de travail et qu'il y a un temps d'échange aussi avec la personne et le chef de production qui paraît très important dans le process.
C'est-à-dire que c'est ce premier échange qui va un peu donner le fil de la suite, se dire OK, on a vu qu'il y avait un vrai échange sur un sujet technique ou moins technique, mais on voit qu'on peut avoir un échange assez fluide avec la personne, ça va rassurer le chef de production et c'est pour ça qu'on aime bien qu'il y ait des chefs de production présents au moment de cette visite.
Et suite à cette visite, il y a un point qui est fait entre l'équipe en interne sur l'entreprise de mise à disposition. Nous en parallèle, on fait un point avec nos candidats pour savoir comment ils se sont sentis, comment ça s'est passé et ce qu'ils ont trouvé. Est-ce qu'il y a des freins pour eux sur la complexité du travail ou pas du tout ?
Et on revalide à l'entreprise les candidats qui sont toujours ok pour continuer le processus et l'entreprise nous fera un retour en disant ok, on est prêts à faire un essai et à s'engager avec une ou deux personnes parce qu'on pense qu'ils ont les qualifications ou le savoir-être qui va correspondre à ce qu'on attend.
Selon moi, les clés d'une intégration réussie, je pense que ça passe en premier lieu par la personne elle-même.
C'est-à-dire que très souvent sur le public qu'on peut accompagner, on a un engagement de la personne qui est assez incroyable.
Je dirais qu'on a le côté reconnaissant aussi des personnes, donc cette reconnaissance se sent aussi professionnellement en rapport avec leur chef de production.
Donc la résilience, l'engagement, le savoir-être de la personne, comme je disais tout à l'heure, qui est vraiment une clé pour sa réussite personnelle, l'adaptation d'une personne aujourd'hui, quelqu'un qui n'a jamais été dans le domaine industriel, il a une capacité d'adaptation parce que du fait de leur parcours à s'adapter, ils ont dû s'adapter tout au long de leur parcours.
Un changement de vie, changement de culture, changement de pays.
Donc ça, c'est une vraie qualité qu'on retrouve aussi dans leur travail.
Et puis après on a des personnes aussi qui sont qualifiées. Donc forcément, quand il y a des qualifications ou des compétences, ça facilite l'intégration de la personne sur le poste de travail.
Et puis à l'inverse, au niveau de l'entreprise, c'est la même chose. En fait, l'entreprise, on va détecter quand on va les démarcher la première fois, on va détecter une envie d'accompagner ce public là parce que je pense que c'est primordial.
Donc oui, je dirais qu'en face, il y a l'engagement aussi de l'entreprise partenaire.
Et cet objectif de voir de manière durable sur le projet professionnel de la personne.
Portrait : Julio Matanda, une intégration réussie
Arrivé de République démocratique du Congo, Julio incarne cette réussite. En poste depuis deux mois dans le secteur de l’énergie, il témoigne de sa motivation et de sa volonté de s’investir pleinement dans l’entreprise qui lui a fait confiance.
Sa détermination, son sérieux et son engagement illustrent parfaitement le potentiel de ces profils encore trop souvent sous-estimés.
Au pays, au Congo, j’ai fait un bac + 2 dans l’informatique de gestion.
À part ça, j'ai fait aussi une formation au sein d’une grande entreprise, de montage d’infrastructures : fenêtres, portes en aluminium...
Je suis arrivé en France en 2023. J'étais au foyer quand j'ai reçu mes papiers et mon assistante m’a mis directement en contact avec la SIRAC.
Mon parcours durant mes deux ans que j'ai fait avec SIRAC : j'ai travaillé dans les travaux publics (TP) et j’ai fait au moins 8 mois dans le TP. Ce qui m'a fait arrêter, c’est que je n’avais pas le permis C et donc c'est là que j'ai arrêté avec l'entreprise où j'ai travaillé.
Et là maintenant, je travaille depuis deux mois dans l'entreprise COMECA. Je devais donner le meilleur de moi-même, donc j’étais très motivé dans le travail, j’étais toujours à l’heure et c'est ça qui me fait vivre.
Donc je l'ai fait avec tout mon cœur et j'aime bien le métier que je fais.
Dans mon intégration ? Ce qui a mieux fonctionné, c'est l'écoute et aussi l'envie de faire ce que tu veux faire. Le fond d’abord, c’est le souci du travail et la motivation. À part ça, il faut te focaliser sur ce que tu fais. Si tu aimes bien ce que tu fais, tu feras des merveilles.